2002-2006 : Rapports officiels « siphonnent » la psychanalyse dans le « vase médical »

Les Rapports officiels qui « siphonnent » la psychanalyse dans le « vase médical »
Document du mercredi 26 septembre 2007
Article mis à jour le 23 février 2009
par  frdm

L’on verra ci-dessous que les rapports officiels du site du ministère de la Santé, dont rapport de la DGS elle-même, le rapport de l’Inserm « Trois psychothérapies évaluées », le rapport adopté par l’Académie de médecine, celui adopté par le Conseil national de l’Ordre des médecins, et le projet de décret du « 10 janvier 2006 » (daté 2005) pour l’application de l’article 52 sont tous cohérents pour « siphonner » la psychanalyse dans une entité « psychothérapie analytique », pour déclarer que celle-ci relève de la médecine.

Le rapport de l’Inserm est particulièrement révélateur : la psychanalyse n’y est plus qu’une « méthode d’investigation » exclusivement, et c’est la « psychothérapie analytique » qui recueille une description du « soin analytique », relevant de la médecine selon tous ces documents.

Le trait commun des documents-extraits ci-dessous est l’incapacité à définir la psychanalyse et ce qu’ils en tirent autrement que de façon théorique et doctrinale.
On ne peut identifier rigoureusement aucun fait dans l’argumentation, hormis ceux de position assise ou couchée, et de minutage des séances, lesquels faits ne caractérisent rigoureusement en rien la psychanalyse, puisque la position couchée ou assise n’est nullement le monopole de la psychanalyse, et le minutage des séances non plus : ces deux éléments caractérisent aussi bien la kinésithérapie. On trouve tout de même dans le tableau du rapport Inserm le fait de « libre association des paroles ». Le rapport Inserm a ceci de remarquable, qu’il cite comme fait caractéristique, essentiel et propre à la psychanalyse, cette « libre association des paroles ». Mais c’est malheureusement pour mieux « dispatcher » cette libre association des paroles et l’usage qui peut en être fait entre « psychanalyse méthode d’investigation » (sans but… c’est alors ceci le problème déplacé… le mystère, donc) et « psychothérapie analytique » (avec but… psychothérapique… c’est alors ce qui va aussi bien sans dire : le mystère à nouveau, de le préciser). Voir l’extrait ici à la fin. Il semble qu’il faille comprendre, malgré tout, selon ce rapport Inserm, et tous ceux qui l’ont précédé, que la différence entre psychanalyse et psychothérapie analytique est l’usage de la libre association des paroles dans le premier cas, ce qui veut dire l’absence de cet usage dans le second cas : il faut comprendre que pour tous ces rapports officiels, ce qui est « analytique » ou « psychanalytique » dans une thérapie ou psychothérapie, l’est en l’absence de libre association des paroles, puisque cette mention n’est pas reprise en définition de « psychothérapie analytique ». Or, si ce fait caractérise la psychanalyse, et en tant que fait est le seul à caractériser la psychanalyse, on ne peut pas concevoir de « dérivé » qui ne contienne pas le même fait. C’est pourtant ce qui se produit dans ces rapports. On y trouve une (psycho)thérapie (psych)analytique sans fait (caractéristique, essentiel) : on n’y trouve que de la théorie sans fait. Pour tous ces rapports, la (psycho)thérapie (psych)analytique est purement théorique, sans aucun fait qui permette de la caractériser, à l’instar de la libre association des paroles caractérisant la psychanalyse tout-court, comme élément que la psychanalyse ne partage avec aucune « autre discipline », et sans lequel, ou sans but duquel, on ne saurait parler de psychanalyse et encore moins de « dérivé » de la psychanalyse. Il découle dès lors de tous ces rapports et documents un artefact : une (psycho)thérapie (psych)analytique simple artefact, purement théorique. Car si ces « thérapies » ou « psychothérapies » comportent la libre association des paroles, alors il s’agit de psychanalyse…





Extrait I






«  R
E P U B L I Q U E  F R A N C A I S E

Avril 2002

Ministère de l’emploi et de la solidarité

(et)

Direction générale de la santé

Sous-direction de la santé et de la société

Bureau de la santé mentale

DGS/SD6C  »


«  Groupe
de travail relatif à « l’évolution des métiers en santé mentale :

Recommandations relatives aux modalités de prise en charge de la souffrance
psychique jusqu’au trouble mental caractérisé »

Rapport présenté au comité consultatif de santé mentale du 11 avril
2002
  »

«  Rapport
final du groupe de travail DGS relatif à

« l’évolution des métiers en santé mentale » avril
2002
  »


Rapport publié sur le site du Ministère de la Santé

.Pdf p. 26/77


«  (…)
Une mention particulière sur la pratique de la psychanalyse dans le cadre des
soins des troubles mentaux doit être effectuée également : L’élimination des
symptômes n’est pas recherchée comme but particulier, mais il s’occasionne
comme un bénéfice annexe. Il n’y a de visée thérapeutique qu’indirecte en
permettant à la personne de trouver des moyens propres à cette « guérison ».
Ainsi, en adaptant le cadre de la cure analytique, des interventions se
sont développées auprès d’enfants en pédopsychiatrie, et de patients
présentant des troubles graves et persistants. Ces interventions se réfèrent à
une conception de l’activité psychique et du sujet, qui est issue de
la théorie psychanalytique
. Dans ces « psychothérapies analytiques »,
une position et une interrogation psychanalytiques y (sic) sont
soutenues.


Il est donc important de garantir la spécificité et
l’exigence d’une qualité de formation pour la pratique de la psychanalyse,
psychothérapie analytique y compris, qui complète le cadre de la formation
proposée par les Universités de psychiatrie et de psychologie.

(…)
  »





Extrait II




Pichot, Allilaire

Rapport – Académie de médecine

2003, juillet


Bull. Acad. Natle Méd., 2003, 187 , no6
,séance du 1er juillet 2003

Rapport Au nom d’un groupe de travail

Sur la pratique de la psychothérapie

Pierre Pichot et Jean-François Allilaire


.Pdf
p.3
  :


Les différents courants psychothérapiques actuels


Il est important de signaler que les représentants de
l’institution et les personnalités de la psychanalyse dite orthodoxe
considèrent que la psychanalyse proprement dite n’est pas à considérer à
proprement parler comme une psychothérapie. Seules les applications des
concepts psychanalytiques, en dehors de la cure type, constitueraient à leurs
yeux ce que l’on appelle une psychothérapie d’inspiration
psychanalytique.



La psychothérapie d’inspiration psychanalytique


La psychothérapie d’inspiration psychanalytique est une
pratique dérivée de la psychanalyse. Dans sa forme la plus commune, elle se
pratique en face à face, selon un rythme de séances différent de celui de la
cure type (en moyenne une séance par semaine au lieu de trois). Elle se réfère
aux concepts de la théorie psychanalytique, et plus particulièrement aux
notions d’inconscient, de transfert et d’interprétation dans le
transfert.


Le processus de changement attendu de la cure repose sur la
reconstruction de faits inconscients permettant de donner accès à des
représentations jusque là réprimées, déniées ou inaccessibles. Le transfert et
le contre-transfert sont les moyens sur lesquels repose la dynamique du
traitement.


Compte tenu des besoins de plus en plus grands en matière de
psychothérapie, le modèle de la cure type s’est diversifié et assoupli et a
donné naissance à des applications variées sous la forme de la psychothérapie
d’inspiration psychanalytique que nous venons de décrire. Pour donner un
exemple, les psychothérapies brèves ainsi que les psychothérapies focales qui
fixent un but précis à la thérapie et une durée limitée à son déroulement,
correspondent à des modalités particulières de thérapies d’inspiration
psychanalytique.


.Pdf
p.6-7
  :

Place actuelle des psychothérapies dans la pratique des
psychiatres



Suivant une enquête réalisée en 1994 chez plus de mille
psychiatres libéraux au sein du Syndicat des Psychiatres Français, la presque
totalité s’auto-définissait comme psychothérapeute dans une pratique qui
associait la prescription de médicaments et la psychothérapie ; le
dépouillement de leurs réponses montrait en données brutes que deux tiers se
référaient à la psychanalyse, la moitié se déclarait avoir une activité
proprement psychanalytique avec une durée d’entretien de trente à
quarante-cinq minutes une fois par semaine ou
plus
  ;





Extrait III






Rapport adopté à la session du

Conseil national de l’Ordre des médecins

le 2 juillet 2004

Dr Piernick Cressard


.Pdf p. 4/5


La réglementation du titre de psychologue


«  (…)
Dans un certain nombre de troubles psychologiques, un traitement
psychothérapique peut être institué. Cette psychothérapie est différente de
la psychanalyse, il s’agit en fait d’entretiens en face à face.
Les
psychologues cliniciens possédant une formation reconnue en psychopathologie
sont habilités à conduire une psychothérapie, mais celle-ci sera prescrite par
un médecin psychiatre.
(…)
  »





Extrait IV






Avant-projet de Décret no xxx

Relatif à l’usage du titre de Psychothérapeute

version diffusée 10 janvier 2006,

mais datée 10 janvier 2005, quatre pages


.Pdf
« 
 Document
de
travail
  »
p. 3/4


« Art. 8 — Le cahier des charges susvisé définit les
modalités de la formation en psychopathologie clinique, laquelle est d’un
niveau master. Il vise à permettre au professionnel souhaitant user du titre
de psychothérapeute d’acquérir :


une connaissance du fonctionnement psychique ;


une capacité de discrimination de base des situations
pathologiques en santé mentale ;


une connaissance de la diversité des théories se rapportant à
la psychopathologie ;


une connaissance des 4 principales approches de
psychothérapie validées scientifiquement (analytique
, systémique,
cognitivo-comportementaliste, intégrative).





Extrait V





http://www.inserm.fr/fr/questionsde...



INSERM

Psychothérapie : Trois approches évaluées


Expertise collective
2004

Dresser un état des lieux de
la littérature internationale sur l’évaluation de l’efficacité de trois
approches psychothérapiques : psychodynamique, cognitivo-comportementale,
familiale et de couple.



Extrait p. 75-76 :


(Ch.) 5. Aspects méthodologiques

de l’approche psychodynamique
(psychanalytique)



« …la
psychothérapie psychanalytique est incluse dans le champ des traitements
médicaux (qui se réfèrent à la notion de symptômes et de maladie)
 »


Extrait du tableau p. 483 :


Synthèse



« Quelles sont les
différentes formes de l’approche

psychodynamique
et psychanalytique ?


Présentation des
différentes techniques

de l’approche psychodynamique (analytique) »



























« 
Technique







Définition







Psychanalyse





Méthode
d’investigation consistant dans la mise en évidence
de la signification inconsciente des paroles, des
actions, des productions imaginaires (rêves, fantasmes,
délires) d’un sujet, méthode fondée sur les
libres associations du sujet qui sont le garant de la
validité de l’interprétation.








Thérapie
psychanalytique





Méthode
psychothérapique fondée sur l’investigation consistant
à mettre en évidence la signification inconsciente
des paroles, des actions, des productions
imaginaires d’un sujet. Cette méthode est spécifiée
par l’interprétation contrôlée des mécanismes
de défense, de la résistance, du transfert
et du désir ainsi que par une dynamique des
processus identificatoires







(…)







(…)
 »









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