20051206 Révolution sur « manque (…) et son complice simultané qu’est le désir » (Re :)

Document du mardi 6 décembre 2005
Article mis à jour le 17 mars 2010
par  frdm

Sur l’évocation « juste
précédente
 » de « paysage du manque dans l’instantané de la naissance, mais peut-être et surtout celui de son complice simultané qu’est le désir » « c’est de surcroît j’imagine que la mère y trouvera ses couleurs », un grand tour. Tiré en partie de Dictionnaire étymologique du français, Les usuels du Robert :

Désirer.

Famille du lat. sidus, sideris, « constellation »,

(proto-indo-européen « *ster- », astre)

auquel se rattachent

1. « Sideralis » « qui concerne les astres ».

2. « Siderari », part. passé « sideratus » « subir l’action
funeste d’un astre, « être frappé de paralysie ».

3. « Considerare » « examiner avec attention », sans doute à l’origine terme de la langue augurale ou marine.

4. « Desiderare », formé sans doute sur « considerare », à l’origine « cesser de voir », « constater l’absence de », d’où « chercher,
désirer ».

Or, tiré du lat. vulg. on a « *male astrucus », « né sous un mauvais astre », donnant…« malotru ».

Et de l’it. « disastrato », « né sous un mauvais astre », d’où « 
disastro »
, désastre.

Mais je ne suis pas d’accord avec donner : « né sous un mauvais astre » pour « dis-astrato ». « Dis-astrato » c’est né sans astre, en manque d’astre, et c’est le manque d’astre qui est ici supposé néfaste, d’où déformation : manque d’astre = mauvais astre ; or c’est le manque, le « dis- », qui est supposé mauvais, pas l’« -astro ».

D’où ceci rectifié, désastre est manque d’astre.

Désir et désastre sont même mot autrement construit… manque d’astre.

Manquer d’astre, c’est désastre.

Le désir du psychanalyste est désastre du psychanalyste, désastre astrologique.

Astrologue sans astre est comme psychanalyste sans désir.

Aussi : le désir du psychanalyste c’est ce que le psychanalyste « considère », l’absence, l’absence-des astres, examinée avec attention.

Le désir du psychanalyste c’est son manque d’astre, et ce manque c’est le petit tas du psychanalyste, et le petit tas c’est ce qui résiste-reste au désastre (lat. « restare » : à la fois « rester » et « résister »), ce qu’il examine, à défaut des astres. Examine (« act »<« *ag » proto-indo-e. conduire, tirer, déplacer) : il ne le conduit ni ne le déplace, son petit tas, son petit tas résiste là où il reste ; ce petit tas on ne peut pas l’examiner, il est, “inaminé”… ce qui l’anime ?

Aussi : « désirer » est l’inverse de « considérer », et l’inverse de considérer c’est le manque des astres, c’est le désastre.

Désirer c’est être désastré, c’est désastrer.

D’où le désir du psychanalyste c’est toujours le désastre, alors il reste un petit tas.

Avec le grand tas de l’analysant, cela fait du supportable : les astres de
l’analysant avec le désastre du psychanalyste.

C’est ainsi que le psychanalyste est SSS : « sujet supposé supportable », car son petit tas laisse place au grand tas de l’analysant. Et à l’amélioration des tas d’analysants, le désastre du psychanalyste se réduit, si son désir diminue.

Tant que le psychanalyste désire, c’est l’inverse de l’astrologue.

Le sujet supposé supportable, c’est le psychanalyste, mais il n’y a que lui qui le sait : c’est son petit tas, et il résiste.
Car le sujet supposé savoir, c’est l’astrologue, et cela tout le monde le sait.
Les paroles d’analysant sont astres semés au ciel du divan (proto-indo-e. : « les astres sont les choses semées ‹*stel› dans le ciel » ?). Le
psychanalyste regarde ailleurs : son désir-désastre ne se comble pas des astres d’analysant, ni ne comble celui d’analysant.

Alors « complice simultané qu’est le désir »

et complice et simultané de quoi : de désastre.

Un grand tour, c’est une révolution pour le savoir, celui et celle et celui des astres.

Ce que la mère, en l’État, y trouvera… ?

François-R. Dupond Muzart




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