20070913 Bernard Accoyer, Discours 2e Journées parlementaires « Santé mentale »

Document du jeudi 13 septembre 2007
Article mis à jour le 23 décembre 2007
par  frdm

— À TITRE D’« INFORMATION BRUTE » —

#Sommaire-  


Voir aussi les articles :

— 20071117 « Psy en mouvement », Lettre à la ministre de la Santé : Décrets Article 52 et « évaluation »

— 20071216 La FF2P négocie les décrets au ministère pendant que le SNPPsy déclare avoir « eu la peau » de l’article 52

— 20070506 Mémoire, élection présidentielle : 070419 Lettre de Nicolas Sarkozy ; Commentaire (070520)


Texte complet : Bernard Accoyer indique sa volonté de faire aboutir l’application de l’article 52  

Bernard Accoyer annonce sa volonté de faire aboutir de nouveaux projets de décrets d’application de l’« Article 52 », relatif à l’usage du titre de psychothérapeute, de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.

Bernard Accoyer, Discours d’ouverture des 2e Journées parlementaires sur la Santé mentale, jeudi 13 septembre 2007

Ci-dessous extraits relatifs au « titre de psychothérapeute ».
Il s’agit d’une retranscription des paroles prononcées.

Sont corrigées ci-dessous entre crochets deux erreurs de transcription.


<< (Bernard Accoyer, 13 septembre 2007)
… La seconde expérience dont je tiens à vous faire part, et qui a suscité un important débat, réside dans la véritable « croisade » que j’ai entreprise afin de réglementer le titre de psychothérapeute.
En 1989, un psychologue clinicien m’a alerté sur le fait que n’importe qui pouvait se prétendre psychothérapeute ce que, malgré mon expérience, j’ignorais totalement.
Ayant interrogé un certain nombre de mes confrères, je me suis aperçu que eux non plus n’avaient pas conscience de ce problème.
J’ai donc proposé que le bénéfice du titre de psychologue [lire : psychothérapeute] soit conditionné à l’acquisition de quelques connaissances minimales en psychopathologie théorique et clinique, ce qui a provoqué une véritable controverse, encore en cours.
Ma proposition de loi n’ayant pas été retenue, c’est un ami psychiatre qui m’a encouragé à continuer mon action pour combler ce vide juridique intolérable.
Malgré la présence d’un proche conseiller de Bernard Kouchner à un colloque que j’avais organisé, personne ne semblait vouloir avancer sur cette question.
Ce n’est qu’en 2002-2003, à l’occasion des discussions sur la loi de santé publique, votée définitivement en août 2004, que j’ai pu déposer un amendement reprenant ma proposition de loi.
Si le ministre de la Santé de l’époque, Jean-François Mattei, y était plutôt favorable, cette initiative a fait l’objet d’une polémique considérable.
Certaines personnes en effet considèrent que la psychothérapie est un domaine dans lequel, au nom de la liberté de penser, les pratiques doivent, elles aussi, être totalement libres.
Je rappelle que les principes de précaution et de justice sont au cœur de notre société.
Or lorsqu’une personne n’offre aucune garantie sérieuse de formation, dans une université ou un établissement accrédité par les pouvoirs publics, la situation de risque qui en résulte est contraire au principe de précaution.
Outre le risque lié au manque de connaissances, tous types de perversités peuvent être envisagés.
Nombre de pathologies ont ainsi été aggravées.
J’insisterai notamment sur le développement d’un phénomène très préoccupant.
Il s’agit de la pratique de techniques de manipulations, utilisées par des personnes formées dans des officines elles-mêmes très douteuses, aboutissant à des situations dites de « faux souvenirs », dont les conséquences sont absolument effroyables.
Ainsi, ai-je été le destinataire de milliers de témoignages retraçant la manière dont de prétendus antécédents de crimes incestueux ont brisé des familles, dont les enfants ont été manipulés et exploités.
C’est pour cette raison que, jamais, je n’abandonnerai cette cause.
L’un de mes plus proches amis, le grand chirurgien Jean-Michel Dubernard, l’une des personnalités au monde qui aura le plus fait pour la chirurgie de la transplantation, m’a rapporté l’histoire de l’un de ses voisins qui, après avoir vu le commerce de proximité qu’il tenait péricliter et avoir traversé une légère dépression, est lui-même devenu psychothérapeute.
Lors de la dernière législature, j’ai été responsable du groupe majoritaire.
Après avoir péniblement fait adopter mon amendement, je pensais que le décret d’application serait rapidement publié.
Or toutes les administrations publiques semblent avoir été approchées par la mouvance quasi sectaire contre laquelle j’essaie de lutter.
Ainsi, la concertation dont je suis à la tête [lire l’inverse : la mouvance à laquelle je m’oppose] a-t-elle abouti à ce que les décrets d’applications inversent radicalement le sens du texte initialement voté.
J’ai donc été contraint de m’opposer, par le biais de manœuvres très complexes, à la publication de ces décrets, qui prévoyaient la possibilité de s’inscrire, à titre temporaire, sans aucune formation ni aucune garantie.
Comme cette fois-ci je sais que je serai aidé par mes amis ici présents, je pense que nous aboutirons à faire paraître de nouveaux décrets.

Je vous souhaite, mes chers amis, une excellente et très fructueuse journée.
>>

Citation spéciale : Bernard Accoyer indique ne vouloir exiger qu’une « acquisition de quelques connaissances minimales en psychopathologie théorique et clinique »  

Citation :

  • « J’ai donc proposé que le bénéfice du titre de psychothérapeute soit conditionné à l’acquisition de quelques connaissances minimales en psychopathologie théorique et clinique »



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