NOTA BENE : Dans le communiqué ci-dessous, citation :
<< le gouvernement voudrait faire passer tous les professionnels sous la même toise, celle d’une formation qui privilégie l’approche de type « cognitivo-comportementale » et la classification américaine des désordres mentaux (dite « DSM IV »). Seule une approche de ce type, ainsi avantagée de manière injustifiée, peut se satisfaire d’un volume d’enseignement aussi réduit. >>
Le SNP communique : Psychothérapeute
Posté (sur le site SNP) par snp le 8/7/2008 6:35:44
Le SNP communique
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Le 7 juillet 2008
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Un nouveau projet de décret relatif à l’usage du titre de psychothérapeute et un document de travail interministériel relatif au cahier des charges de la formation définissent les orientations retenues par les ministères de la santé et de l’enseignement supérieur pour l’usage du titre de psychothérapeute.
Pour le SNP, ces projets de décret et d’arrêté ne proposent aucune nouvelle garantie pour le public et révèlent un mépris de la profession de psychologue et une méconnaissance des formations existantes.
Titre de psychothérapeute : le gouvernement programme la disparition des psychologues…
La loi sur l’usage du titre de psychothérapeute a été adoptée le 9 Août 2004 à la suite d’une première proposition du député Bernard Accoyer, devenu depuis président de l’Assemblée Nationale. Son but est de protéger le public des dérives sectaires auxquelles les exposent des personnes insuffisamment formées dans ce domaine. Les derniers projets d’application de cette loi jetteraient le public entre les mains d’une nouvelle profession labellisée par l’Etat, formée en moins d’un an (400 heures), avec seulement cinq mois de stage. Il est prévu d’exiger des candidats à cette formation un pré-requis de « niveau licence » toutes filières confondues, mais il ne représente qu’une vague garantie de culture générale.
Il y a actuellement environ 38000 psychologues en France dont une majorité exercent dans le dispositif de santé, au regard de 13000 psychiatres et de seulement 6000 personnes exerçant la psychothérapie sans être ni psychiatres ni psychologues. Les psychologues sont depuis des années les principaux praticiens de la psychothérapie dans les structures de soins publiques et privées. Leur formation comprend cinq années d’études minimum dans la filière avec plusieurs stages professionnels, auxquels s’ajoutent les formations complémentaires continues que suivent les psychologues pour exercer la psychothérapie. Or, les projets du gouvernement considèrent que les psychologues ne sont pas mieux formés que les médecins généralistes, dont la formation en psychologie est quasi-inexistante ! Les psychologues auraient même à faire la preuve devant des commissions ad hoc de la validité de leur diplôme, alors que le but de la loi est de contrôler les psychothérapeutes autoproclamés, dont les pratiques et leurs éventuelles dérives peuvent s’avérer dangereuses pour les usagers.
… au profit de néo-techniciens sous-qualifiés.
En exigeant de tous les candidats au titre de psychothérapeute qu’ils fournissent — outre les preuves de leur titre professionnel lorsqu’ils en ont déjà un — une attestation de formation en psychopathologie clinique, le gouvernement voudrait faire passer tous les professionnels sous la même toise, celle d’une formation qui privilégie l’approche de type « cognitivo-comportementale » et la classification américaine des désordres mentaux (dite « DSM IV »). Seule une approche de ce type, ainsi avantagée de manière injustifiée, peut se satisfaire d’un volume d’enseignement aussi réduit.
En cherchant à créer de la sorte une nouvelle profession paramédicale — de techniciens d’application formés au rabais en moins d’un an avec un pré-requis très bas — le gouvernement affiche clairement son intention : il s’agit d’éradiquer les psychologues très sérieusement formés et supervisés qui complètent leur formation personnelle pendant des années, et de supprimer leur spécificité qui dérange : celle d’être une profession non-médicale et issue des sciences humaines, à l’égard de laquelle la demande du public est très importante.
Des psychologues malmenés et des usagers en danger
Le ministère de la santé ne peut délibérément autoriser une telle imposture de santé publique qui réduit encore les garanties auxquelles le public a droit. Et le ministère de l’enseignement supérieur, en validant un tel ersatz de formation, engagerait lourdement sa responsabilité quant à l’avenir de la profession de psychologue dont il a statutairement la charge.
Pour le Syndicat national des psychologues, ces projets de décret et d’arrêté relatifs à l’usage du titre de psychothérapeute sont inacceptables. Il considère que ces projets constituent un déni des formations existantes, tout particulièrement celle des psychologues, et qu’ils s’inscrivent à rebours de l’esprit et de la lettre de la loi réglementant l’usage du titre de psychothérapeute dont le but est la protection du public.
Contacts presse :
Jean-Louis Quéheillard - 06 11 64 09 55 - snp_sg psychologues.org
Jacques Borgy – 06 82 16 44 71 - jb psychologue-clinicien.eu
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