20080710 Bernard Accoyer, Tribune, Le Point

Document du jeudi 10 juillet 2008
Article mis à jour le 1er octobre 2008
par  frdm

Voir le projet d’arrêté auquel l’article ci-dessous est relatif : 20080624 Projet d’arrêté subséquent au projet de décret d’application de l’article 52 — « Document de travail »


#Sommaire-  


20080710 Bernard Accoyer, Tribune, Le Point  

L’article ci-dessous « répond » à celui de Jacques-Alain Miller disponible à l’adresse suivante :
http://www.lepoint.fr/actualites-so...
= http://tinyurl.com/5dwcyj
ou 20080703 Le Point, Jacques-Alain Miller — « Polémique : mort aux psys ? »

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http://www.lepoint.fr/actualites-so...
= http://tinyurl.com/6b2byj

Publié le 10/07/2008 No1869 Le Point

Controverse - « N’importe qui peut se proclamer psychothérapeute »

Dans Le Point no1868, le psychanalyste Jacques-Alain Miller partait en guerre contre une loi visant à réglementer la profession de psychothérapeute. Bernard Accoyer, auteur de l’amendement qui a mis le feu aux poudres, lui répond.

Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale

Qui veut la mort des psys ? Certainement pas le législateur ! Ne prétendant ni encadrer la prise en charge psychologique, ni remettre en question, en quoi que ce soit, la psychanalyse, le législateur a souhaité par la loi du 9 août 2004 protéger les personnes, en comblant un vide juridique par lequel tout un chacun peut s’autoproclamer psychothérapeute, sans aucune garantie de formation ni de compétence.

Les victimes de ces psychothérapeutes autoproclamés se comptent en France par milliers. Par incompétence ou par appât du gain. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, les familles de malades, les associations de victimes ne cessent de le répéter. C’est uniquement à cela que le législateur a entendu remédier.

Aux termes de la loi ne pourront publiquement faire usage du titre de psychothérapeute que les personnes inscrites sur un registre national, consultable par tous, attestant une formation en psychopathologie clinique. Toute personne en souffrance psychique, psychosociale ou psychopathologique aura donc, enfin, la garantie de s’adresser à un professionnel correctement formé. Le sens de la loi comme la volonté du législateur ne doivent pas être travestis par des amalgames historiques douteux, occultant la vérité et brouillant le débat. L’ennemi, ce n’est pas le psy ; l’ennemi, c’est l’incompétence, l’absence ou l’insuffisance de connaissances, parfois la malveillance. Le vrai problème est que, près de quatre ans après l’adoption de la loi, le décret d’application n’a toujours pas été publié. Et cela, parce que des psychothérapeutes autoproclamés, ne voulant rien changer, s’emploient à empêcher cette publication. S’il y a des « officines obscures », c’est là qu’elles se trouvent, et non chez le législateur, qui, au contraire, recherche la transparence.

Refuser le décret, c’est refuser cette transparence, ce droit à l’information et le droit à des soins dispensés par des professionnels formés. Je fais confiance à Roselyne Bachelot et à Valérie Pécresse pour que ce décret puisse, enfin, être publié. Un retard supplémentaire signifierait de nouvelles victimes, en droit de se retourner contre les pouvoirs publics. Il faut mettre fin aux abus. Personne, et surtout pas le législateur, ne songe à priver les Français de pouvoir se confier, en toute liberté, au psychiatre, au psychologue, au psychanalyste ou au psychothérapeute qu’ils auront choisi. Comme médecin, comme député, je me suis engagé depuis dix ans pour cette cause évidente qui ne peut plus attendre.

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Autre version :

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TRIBUNE DE BERNARD ACCOYER :
« INFORMER, GARANTIR, PROTEGER, N’EST PAS TUER LES »PSYS« , AU CONTRAIRE ».

Qui veut la « mort » des « psys » ? Certainement pas le législateur !

Issu de longs débats parlementaires, au cours desquels tous les points de vue se sont exprimés, l’article 52 de la loi du 9 août 2004 ne fait que fixer les conditions d’usage du titre de psychothérapeute, dans un souci de santé publique, d’accès aux soins et de droits des malades.

Ne prétendant ni encadrer la prise en charge psychologique, les psychothérapies, ni remettre en cause en quoi que ce soit la psychanalyse, le législateur a souhaité combler un vide juridique par lequel tout un chacun peut, en France, s’autoproclamer psychothérapeute et visser sa plaque. Or, qui peut souhaiter que des personnes en souffrance psychique, psychosociale ou psychopathologique, se confient à n’importe qui, sans aucune garantie de formation ni de compétence ?

Dans les faits, plusieurs catégories de professionnels dispensent des psychothérapies : les psychiatres et les psychologues dont la formation est validée par l’Etat, les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations, enfin, des psychothérapeutes autoproclamés. Seule cette dernière catégorie est visée par la loi. Tout confondre constitue une manipulation, un amalgame grossier.

Les victimes de ces psychothérapeutes autoproclamés se comptent en France par milliers, par incompétence, par appât du gain. Les associations de victimes, les familles de malades, la MIVILUDES (1), les sociétés de professionnels compétentes, ne cessent de le répéter.

C’est uniquement à cela que le législateur a entendu remédier. Aux termes de la loi, ne pourront publiquement faire usage du titre de psychothérapeute que les personnes inscrites sur un registre national, attestant une formation théorique et pratique en psychopathologie clinique. Tout professionnel - psychiatre, psychologue, psychanalyste ou autre - apportant la preuve d’une telle formation sera admis à s’inscrire sur le registre national, consultable par tous. Tout usager qui souhaitera se confier à un psychothérapeute aura donc, enfin, la garantie de s’adresser à un professionnel correctement formé.

L’objet de la loi, son sens comme la volonté du législateur, ne doivent pas être travestis par des amalgames historiques douteux, qui n’ont pas d’autres objet que de brouiller encore le débat, d’occulter la vérité et de préserver des intérêts personnels.

La loi du 9 août 2004 est un texte qui protège les personnes. L’ennemi, ce n’est pas le « psy », loin s’en faut : l’ennemi, c’est l’incompétence, l’absence ou l’insuffisance de connaissances, parfois la malveillance plus ou moins consciente.

Le vrai problème est que, près de quatre ans après l’adoption de la loi, le décret d’application n’a toujours pas été publié. Et cela, parce que des psychothérapeutes autoproclamés ne voulant rien changer, s’emploient à empêcher cette publication. S’il y a des « officines obscures », c’est là qu’elles se trouvent, et non chez le législateur qui, au contraire, recherche la transparence.

Refuser le décret, c’est refuser cette transparence, ce droit à l’information et le droit à des soins dispensés par des professionnels formés. Je fais confiance à Roselyne Bachelot et à Valérie Pécresse pour que ce décret puisse, enfin, être publié. Un retard supplémentaire signifierait de nouvelles victimes, en droit de se retourner contre les pouvoirs publics. Il faut mettre fin aux abus. Personne, et surtout pas le législateur, ne songe à priver les Français de pouvoir se confier, en toute liberté, au psychiatre, au psychologue, au psychanalyste ou au psychothérapeute qu’ils auront choisi. Comme médecin, comme député, je me suis engagé depuis dix ans, pour cette cause évidente qui ne peut plus attendre.

(1) Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

* Texte intégral de la tribune de Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée Nationale, dont de très larges extraits sont publiés dans l’édition du magazine Le Point du 10 juillet 2008


20081001 Georges Fenech, nouveau président de la Miviludes, évoque les psychothérapeutes dans un entretien  

Le nouveau président de la Miviludes qui prend ses fonctions le 1er octobre 2008 évoque les psychothérapeutes et la réglementation en souffrance dans un entretien à France Soir.

Voici le passage (et l’article intégral ci-dessous) :

<< Nous observons également quelques techniques employées par certains psychothérapeutes mal intentionnés, comme celle des faux souvenirs induits. Cela consiste à faire revenir à la mémoire de la personne des souvenirs enfouis qui sont… faux. On la persuade qu’elle a été victime d’attouchement ou d’inceste pendant son enfance par exemple. Cela abouti parfois à des catastrophes familiales et des plaintes. La réglementation existe, elle a été votée, nous attendons son décret d’application. En attendant, ces professions sont très lucratives ! On voit même certains médecins se faire radier du conseil de l’ordre pour exercer ces médecines parallèles ! >>

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http://www.francesoir.fr/societe/20...
= http://tinyurl.com/4yzokm

Édition France Soir du mercredi 1er octobre 2008 no19916 page 6

Georges Fenech - « 500.000 concitoyens touchés par le phénomène »

Propos recueillis par Sandrine Briclot, le mercredi 1 octobre 2008 à 04:00

C’est aujourd’hui que Georges Fenech, qui préside la mission interministérielle, prend les rênes de la Miviludes, l’observatoire anti-sectes. Une mission taillée sur mesure pour un magistrat averti des dérives sectaires.

Créée en 2002, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) est chargée d’observer et de détecter le phénomène sectaire mais également de lutter contre les risques avérés. A sa tête depuis ce matin, un homme réputé pour sa fermeté face à ce qu’il considère comme « un vrai problème » en France. Magistrat, ex-député UMP et ancien président de la commission d’enquête sur les sectes et les mineurs, l’homme est même la bête noire des mouvements sectaires depuis qu’il a instruit et requis dans plusieurs affaires mettant en cause certains de leurs responsables. Missionné en avril dernier par François Fillon, Georges Fenech a remis cet été au gouvernement un rapport sur « la justice face aux dérives sectaires ». Un texte qui laisse augurer de l’action qu’il mènera à la Miviludes : renforcement de la surveillance et de la prévention et — c’est nouveau — création de cellules d’interventions. Il nous explique.

FRANCE-SOIR. Avec votre nomination à la présidence de la Miviludes, les sectes deviennent « un vrai problème »… C’est un message ?
GEORGES FENECH. Il faut balayer toute interrogation sur la volonté du gouvernement de prendre le problème au sérieux. Il y a une vraie préoccupation des pouvoirs publics au sujet des sectes.
Ma nomination à la tête de cette mission, de par mon parcours professionnel en tant que magistrat et parlementaire très préoccupé par cette question, prouve cette volonté de non seulement maintenir la vigilance et la lutte dans le domaine sectaire mais également de la renforcer. Comme vous le savez, j’ai remis cet été au Premier ministre un rapport où je formule douze préconisations pour lutter plus efficacement contre les dérives sectaires. Oui, c’est un message.

Quel sera votre premier chantier ?
Il sera de proposer au Premier ministre un renforcement de la Miviludes tant dans son domaine d’action que dans son statut. Nous faisons un gros travail de formation et de surveillance mais il nous manque une cellule d’intervention dans un domaine purement opérationnel. On pourrait créer des sections qui pourraient être appelées en renfort sur le terrain par les forces de l’ordre. Nous l’avons déjà expérimenté dans le cadre d’une affaire dans le Calvados qui s’est soldée par deux mises en examen. Il faut comprendre que lorsqu’on intervient dans une communauté, on tombe sur des individus qui n’ont plus aucun repère. On pourrait aussi imaginer des structures d’accueil qui réaliseraient un suivi psychologique des adeptes.

Le nombre de sectes est-il en évolution ?
Le phénomène sectaire est un phénomène mouvant, fluctuant. Vous avez des sectes qui apparaissent, d’autres qui disparaissent, certaines qui changent de nom… Ce sont des organisations en perpétuel mouvement, d’où l’intérêt pour la Miviludes de suivre ces évolutions comme, par exemple aujourd’hui, la montée inquiétante des mouvements dits sataniques, qui touchent plus particulièrement les jeunes.

On peut considérer que si le phénomène n’est pas en expansion, il n’est pas non en régression. Le volume des organisations sectaires tournent autour de 200 mouvements. Et, selon l’enquête que j’ai menée en tant que député, qu’il y a entre 60 et 80.000 enfants touchés par ce phénomène et que, probablement, dans l’ensemble du pays, environ 500.000 de nos concitoyens sont concernés.

Aujourd’hui les sectes ont-elles un nouveau visage ?
Il y a le problème de l’enseignement à domicile et des formations professionnelles (NDLR : lire encadré). Nous observons également quelques techniques employées par certains psychothérapeutes mal intentionnés, comme celle des faux souvenirs induits. Cela consiste à faire revenir à la mémoire de la personne des souvenirs enfouis qui sont… faux. On la persuade qu’elle a été victime d’attouchement ou d’inceste pendant son enfance par exemple. Cela abouti parfois à des catastrophes familiales et des plaintes. La réglementation existe, elle a été votée, nous attendons son décret d’application. En attendant, ces professions sont très lucratives ! On voit même certains médecins se faire radier du conseil de l’ordre pour exercer ces médecines parallèles !

Le dernier rapport de la Miviludes évoque « les actions de lobbying effrénées » des mouvements sectaires. Comment se traduisent-elles ?
Il y a différentes manières pour des organisations à caractère sectaire de faire du prosélytisme ouvertement ou sous différents masques. Certaines s’abritent derrière de nobles causes pour avancer leurs pions. On le constate notamment dans le domaine de l’humanitaire où de grandes organisations se déplacent sur des lieux de catastrophes naturelles, d’épidémies ou de révoltes de banlieues. On ne peut pas non plus exclure le phénomène de l’entrisme. L’infiltration dans les lieux de pouvoir politiques, économiques, industriels, ça existe !

Encadré :
L’enseignement à domicile sous surveillance
Chaque parent a le droit d’être le précepteur de son enfant et de ne pas l’envoyer à l’école, comme le stipule la loi Jules Ferry de 1882. « C’est une liberté fondamentale qu’il n’est pas question de remettre en cause, explique Georges Fenech, mais on se rend compte qu’à travers cette liberté, des parents vivant en communauté enferment socialement leurs enfants. » Et le nouveau président de la Miviludes de rappeler une loi votée en mars dernier et passée inaperçue : « Ce texte dit qu’au-delà de deux familles qui se regroupent pour enseigner à leurs enfants, il faut faire une déclaration d’ouverture d’école même hors contrat car c’est une école de fait. » L’occasion pour les acteurs anti-sectes d’exercer une surveillance sur ce nouveau type d’établissement scolaire familial, car « qui dit déclaration d’ouverture d’école dit contrôle plus approfondi et plus régulier de l’Education nationale et du ministère de la Santé », prévient Georges Fenech.




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