Voir le projet d’arrêté auquel le communiqué ci-dessous est relatif : 20080624 Projet d’arrêté subséquent au projet de décret d’application de l’article 52 — « Document de travail »
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20080718 Courrier à la ministre de la Sante par MUPP Pr Maleval . doc
MOUVEMENT UNIVERSITAIRE
POUR LA PSYCHANALYSE
9, RUE DUGUAY-TROUIN
75006. PARIS.
Paris, le 18 Juillet 2008
à
MADAME ROSELYNE BACHELOT
Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports
14, avenue Duquesne
75007 Paris
Madame la Ministre,
Après avoir pris connaissance du projet d’arrêté relatif au cahier des charges de la formation conduisant au titre de psychothérapeute venant préciser l’article 52 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, nous, universitaires soucieux de la persistance d’un exercice libéral de la psychanalyse, et attachés à l’enseignement des concepts psychanalytiques à l’Université, tenons à vous faire part de notre désaccord radical avec son contenu.
Ce cahier des charges invente une nouvelle conception de la psychopathologie clinique qui prend parti dans de complexes débats scientifiques en faveur d’un courant auquel la plupart des cliniciens émettent de sérieuses critiques. Ces derniers restent plus attachés aux approches psychodynamiques et humanistes qu’aux tentatives de résorber la dimension psychique dans l’organisme. Par sa référence à l’homme statistique normal contre le sujet freudien, par sa réduction des grandes pathologies de la psychiatrie classique aux « troubles mentaux » de la psychiatrie américaine, par la préférence donnée aux thérapies brèves contre les cures visant une mutation subjective, le cahier des charges rompt avec la recherche de consensus qui inspirait l’article 52.
Le législateur remplirait bien mal sa fonction en imposant en catimini, à la faveur de l’été, l’étude d’une « psychopathologie clinique » à des spécialistes qui dans leur majorité la récusent et qui le font largement savoir par divers canaux. En ce domaine, il serait illusoire de croire qu’il puisse être dispensé un enseignement « neutre ». Mieux vaudrait en tirer des conséquences libérales que de tenter d’imposer des contraintes étatiques.
Recevez, Madame la Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations,
Jean-Claude MALEVAL
Professeur des Universités.
Président du MUPP

